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Maxi Maxicross de Bouffemont 2016 – 41 km

Départ du Maxicross de Bouffémont

Dimanche 07 février, nous sommes revenus traîner nos crampons dans la forêt de Bouffemont. Nouveau tracé, encore plus de kilomètres et de dénivelé. L’organisation avait prévenu, ça allait être dur. Nous confirmons, on a ramassé comme jamais.

En 2015, pour notre premier trail, nous avions joué la carte de la proximité et notre choix s’était porté sur Bouffemont, à côté de chez nous. 30 km, 1200m de D+, l’édition 2015 rentrait parfaitement dans notre prépa marathon. Le Maxicross 2015 nous avait énormément plu, c’est donc tout naturellement que nous rempilons pour 2016. Nous faisons même partie des premiers inscrits.

Sauf que. Pour 2016, ce farceur d’Aurélien Collet a décidé de relever le niveau. De 30, le Maxicross passe à 41 km et le dénivelé atteint les 1 700 m. En gros, nous allons affronter autant de dénivelé sur 41 km que sur les 72 km de la SaintéLyon. Woké, ça va être dur mais même pas peur ! Le départ est à 7h, à la frontale. Ouais, bon, ça, c’est vraiment pas cool. Et on n’aura pas de saucisson lors du retrait du dossard. Là, c’est inadmissible !! Aurélien annonce sur les réseaux sociaux que même la tête de course va marcher. « Je ne comprends même pas pourquoi tu nous as inscrit » lâche Ludo. Je crois qu’il doute.

Une préparation de champions

Le 17 janvier, pour nous donner bonne conscience, nous participons à la reconnaissance du 24 km (on se garde quand même 17 km de surprise pour le jour J 😉 ). Nous avons même réussi à convaincre Olivier, un collègue de Ludo de venir.

J’ai la crève mais ça ne va pas m’arrêter. Ludo me nargue court dans les côtes et galope dans les descentes. Le grand kiff. En représailles, je lui passerai mon rhume, ça le calmera pendant 2 bonnes semaines. Notre prépa pour le Maxicross se résume donc à quelques sorties, la reco et du fractionné entre la boîte de mouchoirs et le canapé. Mais pas d’inquiétude, ça va le faire.

Un déluge tombe dans la nuit du samedi au dimanche. Bah, pas grave, faut bien arroser la forêt de temps en temps !

Départ aux flambeaux

Réveil à 5h, départ à 5h45. Ludo oublie sa montre, Nicolas n’a pas de frontale, j’ai des épingles à nourrice de rechange, la gamelle du chat est remplie : parfaite gestion.

L’an dernier, se garer avait été un peu compliqué mais là, l’organisation a tout prévu. Les petits elfes en coupe-vent bleu gèrent super bien l’encadrement. En 5 minutes, nous trouvons une place et partons retirer nos dossards. Dans le gymnase, nous retrouvons Pierre et Christian, des collègues de Ludo bien plus balèzes que nous. Tellement rapides qu’ils ont des objectifs chrono, alors que nous…heu…c’est quand la barrière horaire, au fait ? Les garçons papotent, se demandent s’il faut mettre un coupe-vent ou un short sur le caleçon. Je les laisse à leur instant mode pour rejoindre les filles dans la (toujours présente) file d’attente des WC.

A 7h, tout le monde dehors pour le départ en pleine nuit. Avec Ludo, on s’aveugle mutuellement avec nos frontales : oui, j’ai changé les piles et ça éclaire bien davantage. Pierre, Nicolas et Christian filent avec la masse du peloton, déjà concentrés sur leur course. Nous, nous restons tranquillement à la fin avec les copains tortues. ça rigole plus dans la fin de course !

Après un passage dans le village pour étirer le peloton et déjà quelques côtes, direction les bois. L’orga a planté des flambeaux jusqu’à l’orée de la forêt, c’est magnifique. Tellement, qu’on est une bonne dizaine à filmer/photographier le spectacle. Je quitte le bitume et là, j’ai un premier aperçu de ce que va être notre course : de la boue partout, qui alourdit les chaussures et Ludo qui reste coincé dans les ornières. Il n’est pas le seul à éprouver quelques difficultés. Entre deux hululements de chouette, on peut entendre les cris de désespoir des coureurs qui perdent leurs chaussures dans les bourbiers et ceux qui s’étalent dans les flaques. Des concurrents en moins, c’est toujours ça de pris ! J’enjambe les combattants tombés et continue mon chemin dans la nuit.

Houston, on a un problème

On se signale les difficultés du chemin: pierres, branches, vtt, coureur à terre. Ludo me grogne de rester concentrée avant de faire une cascade dans la boue. Mon coureur n’est pas à l’aise et la nature n’adoucit pas son humeur. Je le dépasse rapidement dans une côte avant de l’attendre puis de repartir, moi devant et lui quelques mètres derrière.

Autour de nous, un groupe s’est formé : Daniel, un traileur avec un sac Grivel et son fils sont devant nous et je double souvent dans les côtes un grand gaillard en blanc avec un sac Hoka One One jaune et bleu pourvu de bâtons. Longs bâtons qui ont failli m’embrocher les cuisses à plusieurs reprises quand le n°18, alias Régis, me repasse dans les descentes. On commence à discuter et à échanger sur nos différentes courses. C’est super sympa et ça passe le temps agréablement. Derrière, Ludo souffle comme une locomotive.

Notre groupe pendant ce long trailLa caravane passe, Ludo trépasse.

Au 10ième kilomètre, j’entends la question tant redoutée : « c’est quand qu’on arrive ? » suivit de « on a fait combien, là ? ». Là, t’as le choix entre :

  • Chéri, on n’a même pas fait le quart et vu l’allure, on en a encore pour 5h.
  • On arrivera quand on arrivera et je te conseille de ne pas abandonner !
  • Dans 5 km, il y a un ravito pour souffler.
  • La réponse D

J’ai choisi la réponse C pour ménager mon coureur mais Ludo connaissant l’emplacement du ravito, il a compris qu’on n’avait fait que 10 bornes. Colère, rage et désespoir. Ce trail va être très très long.

Nous passons le pont du diable et la première pente encordée à gravir. Régis me laisse passer devant pour éviter de me crever un œil avec ses bâtons. Ludo nous suit, dérape dans la boue, s’échoue comme une baleine en haut puis nous rattrape. Je suis notre petit groupe, admire la forêt autour de nous. Le paysage est vraiment magnifique et en haut des coteaux, on aperçoit même la Tour Eiffel et le Sacré-Coeur !

Le pont du diable à BouffémontAgile et gracieux comme un bouquetin un parpaing.

Premier ravito, un vrai festin : bananes, oranges, sucre, raisin, chocolat et…DES TUCS ET DU VRAI COCA ! C’est bon, je peux faire le tour de la terre avec mon Tuc. Ma tête fait rire les bénévoles. Je laisse Ludo picorer dans les assiettes et on repart en se traînant en s’économisant.

Régis tombe dans un dévers mais tout va bien. On croise un gars avec un genou en sang et le bras contre le corps. Lui, tout va pas bien. Je pousse Ludo :  » on relance dans les descentes ? » Mon coureur en slow-motion râle :  » Mais je cours, là, pourtant ! ». Ha, pardon, c’était pas évident au premier coup d’oeil :p

On arrive devant la surprise du chef, le snake, qui comme son nom ne l’indique pas, est un lacet bien technique à monter, avec une corde. Les élites n’ont même pas vu le filin mais nous, on prend la corde et même les mains pour monter. La corde, c’est bien mais pour 2017, ce serait bien de prévoir un escalator pour les faibles les coureurs pas rapides comme nous.

Houston, le Titanic coule

Les descentes boueuses succèdent aux côtes remplies de pierres. Ce trail est assez dur mentalement car nous avons très peu de portions plates pour se relâcher. Et puis, nous ne sommes pas entraînés en forme. En parlant de truc pas en forme, j’ai perdu mon coureur. Ha non, ce zombie bleu est à moi.

Dure pour le traileurWalking dead, very very dead.

Il marmonne, il a mal partout, y a de la boue, c’est pas plat, il a chaud et est-ce que Jean-Louis nous attendra pour le barbeuc ? Nos échanges ressemblent globalement à ça :

– On a fait combien, là, 30 ? Y a plus de côtes après, hein ?

– …

– On n’a pas fait 30 ?

– Nope, on en est à 24 km et on n’a même pas encore passé le M.

– Mais put****, tu ne peux pas me dire le contraire pour me motiver ?!?

Et 5 minutes plus tard, avec des yeux de phoque larmoyant :

– Et là, ça fait combien ? On a fait beaucoup plus, dis ?

– 24, 7 km. D’un autre côté, on marche, ça ne défile pas vite, hein !

Nous continuons notre chemin. La météo est au beau fixe et notre allure de guépard sclérosé nous permet de voir le terrain sécher. Daniel et son sac Grivel est toujours devant, Régis et ses bâtons derrière nous. Personne ne nous double, notre groupe se maintient, c’est bon pour le moral. Le balisage est impeccable, avec des petites pancartes Maxicross, des rubalises et des flèches placées régulièrement. Pour moi, tout va bien. J’ai le temps de m’asseoir, d’enlever mes guêtres, secouer mes chaussures, les remettre me commander des sushis avant de voir émerger Ludo. Dès que j’allonge la foulée, j’entends un petit couinement misérable derrière :  » Tu m’attends, hein ? On passe la ligne ensemble, cette fois ! ».  Je prends bien sûr mes jambes à mon cou.

Le second ravitaillements lors du maxicross de BouffémontJe pourrai faire la roue, Ludo s’en cogne. Il a vu les carrés de chocolat ! En blanc derrière, notre copain le n°18.

Au 28 km, le second ravito pointe son nez. Comme le premier, les tables sont remplies et les bénévoles aux petits soins. Ludo et Régis arrivent quelques minutes plus tard. Ludo ne me calcule même pas, il n’a d’yeux que pour la nourriture. Sympa ! Nous papotons un moment avant de repartir, les garçons regonflés à bloc pour attaquer le M qui nous attend vers le 34ième km.

Le M, une spécialité de ce trailPreuve de vie pour la famille.

Notre petit groupe monte, descend, enjambe avec la grâce d’un éléphant les troncs au sol. Arrivés au pied de cette maudite côte du M, je commence un peu à fatiguer. Lulu-limace se réveille : « Ha ben, enfin ! Je pensais que tu étais une machine ! ». Lui, il va lui arriver des bricoles sur les 7 km restants…

Mission accomplie

Ensuite, pour ne pas changer, de la boue, des côtes et encore plus de boue. Globalement, le parcours descend et les murs à escalader se font moins raides. Nous sentons que nous revenons vers le village. Je fais le décompte pour Ludo : plus que 4, 3, 2 km ! Ce petit cake décide de passer devant (comme par hasard), ça doit être un truc d’ego masculin, je ne peux pas comprendre. Je le remets à sa place en le déposant dans la dernière côte, à environ 1km de l’arrivée. Looser !

J’indique les maisons entre les arbres pour motiver Ludo mais sa vision s’arrête à la pointe de ses chaussures, du coup, il n’est pas très motivé… Nous entendons les bénévoles :  » plus que 100m ! » Allez, allez, on se laisse rouler dans la pente et la ligne d’arrivée est franchie main dans la main ! Mine de rien, c’est la première fois que nous terminons une course ensemble 🙂

Bière locale, soupe, hot dog, sans compter les habituels sodas et bananes, le ravitaillement est génial ! Je grignote un cracker et une barre de céréales pendant que Ludo engloutit le saladier de chocolat. C’est le bonheur après 6h34 de bain de boue.

A l'arrivée du MaxicrossJe ne bois pas, je soutiens l’économie locale !

Régis arrive en 6h36, juste derrière. Nous lui souhaitons une bonne récupération et bon courage pour son Ecotrail 80 le mois prochain. Du côté des collègues de Ludo, les chronos sont impressionnants : Pierre a survolé le parcours en 4h36 (78/486) suivi de Nico en 4h47 (110/486) et de Christian en 5h27 (266/486).

En chiffre, le Maxicross c’est 594 inscrits, 534 partants, 486 finishers, 14 abandons et 34 arrivées hors délai. Le premier a rejoint la ligne en seulement…3h18, un extra-terrestre ! Il court juste deux fois plus vite que nous, ça va !

Ludo Nous (allez, soyons solidaires) avons souffert sur ce parcours, varié mais très exigeant. Le Maxicross se mérite mais rien que pour les paysages et l’organisation au top, ce trail vaut le détour. Et puis, passer du sable à la boue puis au pierrier à juste 20 minutes de Paris ? Génial ! La preuve que l’Ile-de-France n’est définitivement pas une région plate.

Pour Ludo, tout est bien qui finit bien : Jean-Louis nous a attendu pour le barbecue 😉

 

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