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Cap sur le marathon de Cheverny, mille millions de mille sabords !

Dimanche 15 avril, nous étions sur la ligne du marathon de Cheverny, dans le Loir-et-Cher. Un petit marathon convivial, à dimension humaine qui nous a particulièrement réussi !
Cette année, nous avons décidé de faire notre marathon à Cheverny, parce que :
– ça tombait pile pour mon anniversaire donc l’excuse parfaite pour un weekend en-dehors de Paris
– on passe dans la forêt, au milieu les champs, c’est cool un marathon champêtre !
– on reçoit une bouteille de blanc dans le sac coureur
– on est 1020 pélerins sur le marathon et on adore les petits pelotons
– le parcours tout plat est parfait pour faire un bon chrono
– on a vu un reportage sur le château en début d’année et on s’est dit que c’était l’occasion de visiter le coin (et l’expo Tintin par la même occasion, parce que Cheverny a servi d’inspiration à Hergé pour Moulinsart)

Bref, des raisons totalement rationnelles, comme toujours !

Petite prépa mais on y croit

Côté prépa, j’ai essayé de suivre un plan, un vrai, pour une fois. 3 séances par semaine pendant 12 semaines. L’objectif était de m’approcher des 3h45, donc d’enlever 6 minutes au chrono réalisé à Chantilly en 2017. Si je ne marche pas et que je ne m’arrête pas pour compter les raisins au ravito, c’est largement faisable. Des soucis de santé compliquent la prépa jusqu’en février et la forme ne revient que fin mars. Malgré cette petite complication et la météo bien pourrie du début d’année, je me force à suivre le plan et compense l’absence de sorties vraiment longues (plus de 2h) en faisant pas mal de vélo. L’allure est archi-mémorisée, les séances se passent bien, ça va le faire.

Ludo adhère toujours à sa théorie que l’entraînement, c’est juste un truc relou inutile. Il m’accompagne sur 2 sorties longues de 20 km, fait le trail d’Auffargis mi-mars, une autre sortie une semaine avant le marathon et…basta pour la course à pied.
A côté, il va à la salle trois fois par semaine, pédale sa petite centaine de kilomètres et brasse des sacs de gravats le weekend (pourquoi faire des bbq sur la terrasse, quand on peut l’exploser et se retrouver à 3,5 tonnes de béton à déblayer, hein ?).

Nouveaux meilleurs amis depuis janvier…

Le Zom réduit aussi sa consommation de sucre et surveille son assiette. Je crève la dalle H24 mais ne perds pas un gramme. Ludo perd 2 kg. Je le déteste.

Bref, on est à fond. Cette année, on va exploser nos records sur la distance, Cheverny va être une promenade de santé !

Samedi 14, veille de course

Le samedi a lieu le 10 km, auquel participe notre copain Dim. Coup de chance, nous arrivons à le retrouver pendant son échauffement avec ses collègues. Il me file leur clé pour que je les garde pendant leur course. Cool, on gagne des voitures ici, on devrait venir plus souvent 😀

Pendant que notre gendarme favori galope dans la campagne solognote, nous retirons nos dossards, faisons le tour du village de la course où Ludo picore à chaque stand qui offre des madeleines et autres petits sablés bretons (pour des raisons mystérieuses, beaucoup de Bretons étaient présents sur les courses ce weekend) avant d’aller prendre des billets pour visiter le château. Nous découvrons aussi que les galettes Saint-Michel ont une usine pas loin, il FAUT que nous y fassions un saut pour assurer notre ravito madeleines d’après-course.

Dimitri fait 84/564 en 45’50 » et ses collègues du PSPG finissent sur la plus haute marche du podium des entreprises avec un temps cumulé de 2h02 à eux trois, notamment grâce à Madjid qui franchit la ligne en 12ième position en 37’55 ». Nous en profitons pour soutirer à Dim des infos sur le parcours car il a emprunté les derniers km du marathon. C’est relativement roulant sauf le dernier km, en léger faux-plat, histoire de bien finir cramé. On essaie de convaincre Dim que le marathon, c’est 4 fois plus fun qu’un 10 km mais il me parait moyennement convaincu (pour l’instant, hé hé hé).

10 km, ça suffit largement à Dim

Nous terminons la journée par la visite du château et un saut à l’Atelier Saint-Michel pour refournir le stock de madeleines.

Dimanche 15, c’est parti pour la balade !

Il a plu durant la nuit, les températures sont encore fraîches mais la météo annonce un ciel dégagé et une petite vingtaine de degrés. Des conditions idéales pour courir !
Nous décidons de partir le plus léger possible : short et t-shirt pour tout les deux. Comme je transpire très vite (contrairement à Ludo, ce reptilien), j’embarque une bouteille d’eau remplie de boisson isotonique. ça me permettra de boire aussi régulièrement que je le souhaite, tous les 2 km environ, sans avoir à attendre les ravitos. Je prépare une bouteille pour Ludo, même s’il déteste courir avec un truc dans les mains (il jettera sa bouteille au bout de 15 km…). Côté nutrition, j’embarque un gel, plus par acquis de conscience qu’autre chose car je ne peux rien avaler de solide pendant un effort.
Aux pieds, les New Balance pour Ludo et mes Mizuno Wave Rider pour moi (le test des Rider 20 ici). Des chaussons testées et éprouvées, nous sommes sûrs de n’avoir aucune ampoule avec.

Dimanche, nous arrivons 1h en avance pour trouver une place, parce que le village est tout petit et qu’entre les marathoniens, les duo et les coureurs du semi, on est finalement pas mal à se retrouver devant les grilles du château. Environ 2500 joggeurs, faisant les pingouins pour se réchauffer. Quelques-uns sont déguisés, je croise des Bretons en costume traditionnel, Jésus et sa croix, des perruques et des tutus. A noter qu’une randonnée de 11 km est également prévue pour que les accompagnateurs puissent encourager leurs proches. 250 personnes sont tout de même venues pour voir souffrir les coureurs, c’est sympa !

Prêts à aller battre la campagne

L’essentiel du peloton se concentre entre les meneurs des 3h30 et les 3h45, c’est un peu la guerre pour rejoindre nos deux meneurs et leur flamme jaune sans tomber dans une flaque de boue. Cheverny est un tout petit marathon mais bénéficie d’une très bonne organisation : meneurs d’allure, 200 bénévoles et la possibilité de déposer son propre ravito pour l’avoir à disposition sur la course. Un petit service en plus bien pratique, d’habitude réservé aux élites et ici accessible à tous !

9h, le départ est donné, la troupe s’élance. Les meneurs sont juste 200 m devant nous mais comme la petite départementale est plutôt étroite (et qu’il y a pas mal de coureurs), on met quelques minutes à les rejoindre.

Une petite boucle dans Cour-Cheverny dans les jambes de Manu, un des deux meneurs d’allure puis nous revenons au départ au bout de 5 km. Les spectateurs sont déjà là, ça fait plaisir et nous tapons dans les mains des petits. Nous tournons autour de 5’15 », ce qui est un peu plus rapide que prévu mais les jambes sont là, autant en profiter. Nous laissons les 3h45 derrière nous et continuons avec un groupe d’une dizaine de coureurs.

Petit passage en forêt, le chemin en stabilisé est un peu détrempé à cause de la pluie mais c’est original de quitter le bitume pendant un marathon, nous avons bien aimé ! Je suis légèrement devant Ludo mais je le vois toujours du coin de l’œil. Nous buvons régulièrement, on est bien bien bien.

J’émerge au km 12. Ludo me dit qu’il va avoir besoin de faire une pause technique. Il me lâche pour faire du hors-piste au km15. Je continue avec le groupe, les meneurs des 3h45 toujours un bon km derrière.

Les virages me permettent de faire coucou à Ludo, qui est en train de combler son retard pour revenir à mon niveau. Km20, on rentre ensemble dans le parc du château par une superbe allée bordée d’immenses arbres, la vue est magnifique. Et juste à gauche sur la pelouse, on longe un parterre de tulipes multicolores. DES TULIPES ! J’adore les tulipes, donc forcément, je m’arrête pour aller voir ça et m’asperger d’eau parce que je commence à avoir chaud. Ludo me rappelle qu’on était en train de courir et met fin à ma pause florale avant que je commence à faire un bouquet. Aucune sensibilité, lui ! Les participants du semi nous quittent, nous sommes donc un peu moins nombreux. Les seconds relais du marathon en duo débarquent, on les repère facilement à leur dossard d’une autre couleur ainsi qu’à leur vitesse (ils sont bien plus frais que nous, aussi).

Nous repartons pour une seconde grande boucle. Les spectateurs sont plus nombreux sur le bord de la route, c’est super motivant.

Km 26, dispersion des troupes

Au km26, je dois faire une pause pour remplir ma bouteille d’eau. Ludo s’échappe avec le groupe pendant que je fais un immonde mélange de coca et de boisson isotonique, qui bizarrement, passe super bien. Le temps que je réalise mon cocktail molotov, les meneurs d’allure m’ont rattrapée.  Je ne m’inquiète pas, j’ai 17 km pour les rejoindre 😉

Au km27, je dépasse de nouveau Manu et de sa flamme jaune et récupère la fin de mon précédent groupe. Je me rends compte que je me laisse entraîner par le coureur devant moi et tourne un peu vite, 5’10 » en moyenne. Je lève un peu le pied. Ludo est loin devant, environ 800 m, on se fait coucou dans les virages. Lui aussi se fait embarquer par un coureur du duo, il a accéléré le rythme mais il semble pouvoir le tenir. Je me dis que s’il continue, il peut finir en 3h40 🙂

Le fameux km30, pas de mur, juste ma hanche droite commence à tirer, autrement, tout va bien. Je double pas mal de coureurs, les 3h45 toujours dans mon dos. Nous tournons toujours au-dessus de 5’20, ce qui signifie que nous sommes plutôt sur une base de 3h44 – 3h43 que 3h45. Tant mieux, ça me fait un petit matelas de sécurité. Au ravito, je me verse une bouteille sur la tête, il fait à peine 20°C mais j’ai l’impression de cuire. ça va mieux après la douche. Je bois toujours tous les 2 km, à ce moment, c’est devenu un automatisme. Je remarque qu’il n’y a vraiment pas beaucoup de filles sur le marathon. Ou alors, elles sont toutes devant, je ne sais pas trop.

Km 36, mais c’est encore loin l’arrivée ?

Je sors de ma bulle au km 36, ça commence à être dur, là. C’est le moment où je me demande ce que je fabrique ici, à galérer sur une route perdue avec une vingtaine d’autres sado-maso. De toute façon, pour moi, le marathon, c’est 30 km comme à l’entrainement, 6 km où ça commence à tirer et les 6 derniers en serrant les dents. J’essaie de combattre mon mental de chips molle, déconnecte le cerveau et me raccroche au meneur d’allure pour résister à l’envie de ralentir.

Mes héros

Pas évident mais j’arrive à conserver le rythme et surtout, je ne marche pas. D’un autre côté, y a pas de tulipes alors autant continuer… Devant Ludo commence lui aussi à en avoir ras les chaussettes donc comme d’habitude, il accélère pour en finir plus vite avec cette interminable balade. Logique (non).

Ma hanche me fait mal, ça me mine le moral alors que tout le reste va bien. Je jette ma bouteille d’eau, de toute façon, c’est quasi terminé. Heureusement que les autres 3h45 sont là pour m’entraîner parce que seule, je sais que j’aurais ralenti. Mille mercis à eux et surtout à Manu le meneur d’allure de m’avoir permis de courir accrochée à leurs baskets !

Le km 41 se pointe enfin et je vois le fameux faux-plat dont parlait Dim la veille. Les spectateurs sont maintenant nombreux le long de la dernière ligne droite et encouragent les coureurs. Pour un peu, on se prendrait pour des rockstars, à défaut de donner des ailes, ça fait plaisir !

Allez, allez, dernier effort, je vois le chrono en temps réel qui affiche 3h44. Ma montre m’indique 3h43. Et boom ! Nouveau record perso sur la distance ! 8 minutes de moins qu’à Chantilly, youhou !
Je vois Ludo qui est arrivé 3 minutes avant. Le Zom réalise un temps canon de 3h40. Le tout sans entraînement. Normal ! (Non, il m’exaspère, avec un peu de bonne volonté, il pourrait faire 3h30 sans transpirer…).

Ludo s’est fait griller la priorité par une gamine sur la ligne, aucun respect !

Et une surprise sympa pour terminer la journée

Je titube jusqu’à la table du ravito final, mon corps vient de réaliser que la course est finie et d’un coup, je n’ai plus aucune énergie. Le vide sidéral. Un coca, une pâte de fruit pour lutter contre ce coup de mou et je vais rejoindre Ludo dans les graviers.  On se dit que le marathon, c’est génial mais surtout quand c’est terminé ! Je note seulement 3 ou 4 femmes avec la médaille du marathon mais elles ne semblent pas être de ma catégorie. Où sont les Seniors féminines ? Je laisse Ludo scruter la ligne d’arrivée pendant que je repose mes yeux quelques secondes.

15 minutes plus tard, ça va beaucoup mieux ! A part ma hanche, je n’ai mal nul part. Par contre, Ludo est en train de virer au jaune cireux. Le coca du ravito final ne passe absolument pas, le pauvre est en train de se décomposer. Je vais un rapide tour du village, vraiment bizarre de ne pas voir plus de filles de mon âge. On était si peu nombreuses ? Je plaisante : « Imagine, si ça se trouve, j’ai fait un podium dans ma catégorie ! » Ludo me fait comprendre qu’il n’est pas en état d’apprécier ma blague et qu’il vaut mieux aller récupérer les affaires à la consigne pour éviter d’attraper encore plus froid.

Ludo mettra plus de deux heures (et de nombreuses pauses techniques) pour se remettre du marathon. Ha, ça veut courir vite mais c’est tout fragile de l’intérieur !

D’après les résultats officiels, nous terminons 192 et 226/816. Eeeeet surprise, je suis 9ième féminine (derrière les V1) et… 1ière Senior. Ha ha, effectivement, j’ai fait un podium. Que j’ai raté, tellement ça me paraissait improbable 😀


Et donc, la boite vide, c’est moi ^^

Pour résumer, ce marathon est une jolie surprise. A deux heures en voiture de Paris, cette course est une alternative sympa à l’énorme marathon parisien. Le cadre champêtre, les passages en sous-bois ou dans le parc du château changent des classiques marathons en villes. Nous avons aussi bien apprécié le peloton à taille humaine, où on ne se marche pas dessus pendant la première moitié du parcours. Bravo également à l’organisation pour les tables de ravito bien fournis et surtout, 1000 énormes mercis aux meneurs d’allures, qui ont été mes béquilles pendant le second semi ! Et pour occuper le reste de la famille, ce peut aussi être l’occasion de visiter le château de Cheverny, Blois ou les autres château de la Loire pendant le weekend. Bref, tout le monde peut trouver son compte au marathon de Cheverny !

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