fbpx

Coureur des villes ou coureur des champs ?

montage_small

En course à pied, la route et le trail sont deux mondes bien à part qui n’hésitent pas à se chambrer. Alors quelles sont les différences entre les routards et les randonneurs ?

Tu marches ou tu cours ?

Sur route, que ce soit sur un 10 km ou un marathon, marcher, c’est échouer. Dès qu’il y a plus de 20 m de dénivelé, le parcours devient ‘technique’ et cassant. C’est pour ça qu’on adore Angoulême : tout en descente. Non, ce n’est pas un parcours de feignasses, juste très optimisé !

201309241_20130303ATH2007-gLe premier qui marche a perdu !

Sur un trail, c’est quand tu es persuadé que tu peux tout faire en courant que tu fonces droit dans le mur. Au début, en jeunes bébés-traileurs, on a bien tenté de remonter les files de marcheurs dans les côtes. Puis, on a lamentablement craché nos poumons, les cuissots en feu. Depuis, quand ça marche devant, nous restons tranquillement dans la file. La course, c’est bon quand le terrain est plat ! D’ailleurs, les trails en-dessous de 20 km sont des courses pour enfants, non ? Et s’il n’y a pas 3000m de D+, c’est pour les mickeys. Tant que le bouquetin passe, c’est que c’est roulant et puis voilà.

CCC-2015-le-grand-col-ferretA 3000 m d’altitude, le premier qui court, on le pousse dans un ravin. Feignasses, va !

Supplément bagage

Si on pouvait partir juste en caleçon et baskets sur route, on le ferait ! Le routard fait la chasse aux grammes superflus, scrute le poids de ses runnings (« quoiiii, une racer dépasse les 200 g !?! Mais je ne vais jamais avancer avec ces sabots ! ») et mange ses pâtes sans gluten, sans lactose, sans cuisson. Moins le poney est chargé, plus vite il cavalera.

stanley biwottLe t-shirt, c’est juste parce qu’il faut un truc pour épingler le dossard. 
ApostolosEn trail, le dossard, on le met…là où il reste de la place.

Quand on part à l’assaut des chemins, on emmène notre maison sur notre dos : sac avec la poche à eau de 2L, buff, gels, compotes et ou barres de céréales, veste coupe-vente, t-shirt et chaussettes de rechange, frontale avec ses piles de secours, couverture de survie, téléphone chargé, gobelet personnel, barbecue…Bref, on comprend vite pourquoi les traileurs ont d’énormes sacs : c’est pour emporter tout le matériel obligatoire et survivre dans la nature. Le poney est chargé mais il est prêt à tout. Et puis, on ne compte pas vraiment cavaler dans ces fichues ornières.

ccc2008_materiel_01Quand tu te demandes comment le matos obligatoire va loger dans UN seul sac…

L’oeil du tigre

Dès que le routard accroche un dossard, il se transforme aussitôt en bête de compétition et gare à celui qui ne s’écarte pas assez vite de son chemin ! L’échauffement pré-course, le placement dans le sas sont soigneusement calculés et le pote d’entrainement devient l’ennemi à abattre. Une fois la course lancée, l’objectif est d’arriver le plus vite possible, à fond et plutôt crever que de s’arrêter. Le routard n’est pas un gros batard antipathique, non, il a un chrono en tête et rien ne l’en détournera ! Faut bien justifier cette fichue prépa de Kenyans qu’on a subi pendant 8 semaines !

newcastle_bekele-farah_2013Sur le semi de Newcastle 2013, Bekele fait une blague pas drôle à Farah. Mo n’apprécie pas trop.
arrivee PTL2015_CoureurduChablaisLa preuve que le traileur aime porter des trucs lourds  : l’équipe du Coureur du Chablais emmène un coéquipier jusqu’au bout de la PTL (300 km, 138 h de course).

Ok, ça a un peu ralenti le sprint final.

Chez les randonneurs, on sait qu’on est parti pour plusieurs heures, voir  jours, donc pas la peine de se stresser avant le départ. Les spécimens de traileurs les plus atteints courent en équipe, prennent des photos du paysage, dorment aux bases de vie et même, tapent dans les mains des gamins. Quand ils ne franchissent carrément pas la ligne d’arrivée avec leur marmots dans les bras ou leur coéquipier blessé. Paraît que c’est l’esprit trail 😉

La prépa

Justement, parlons-en de cette fameuse prépa à minimum 3 séances de fractionnés courts par semaine suivi de 2 séances au seuil et une sortie longue de 3h minimum. Le routard a un plan pour chaque type de course, du 5 km au marathon en passant par le 12 km du village voisin. Le mangeur de bitume connait par cœur les horaires d’ouverture de son stade et le vigile le plus accommodant pour surveiller les affaires.

Track18Chacun sa piste.Cossatot Pic TT191 Single Track

Le traileur ne s’approche pas d’un stade. Point. Ou alors uniquement parce que c’est l’assemblée annuelle du club et qu’il y a un buffet à dévaliser. Dans tout les cas, le traileur ne court pas sur stade s’il tient à sa réputation de Viking. Non, il préfère faire une sortie technique de 30 km le samedi avant d’enchaîner un petit footing de récupération de 45  bornes le dimanche. Normal.

L’alimentation

Le routard ne mange pas. Vous avez déjà vu un Kenyan faire plus de 60 kg ? Non, voilà. Sur route, on s’alimente sur les ravitos tous les 5 kms : une orange et une gorgée d’eau, il ne faudrait pas ralentir ni charger le poney, et puis c’est tout. Pour fêter l’arrivée, le routard s’autorise une poignée de raisins (secs, bien sûr) mais attention aux excès.

Marathon de ParisRoute et trail, pas la même vision de l’hydratation. N’est-ce pas François d’Haene ? (champion 2014 de l’Ultra World Tour).françois d'haene_ravito

Le traileur est capable de survivre en autonomie totale au milieu des Alpes pendant des jours. Un Viking, on vous dit ! Par contre, une fois qu’il a rallié la ligne d’arrivée, c’est la débauche : bière, tartiflette et pizza (voir pizza à la tartiflette), bière, saucisson, paella, bière. Vous savez qu’il y a de la bière à l’arrivée ? Bien sûr, il y a des ermites qui se nourrissent de graines bio parmi les randonneurs mais il y a surtout Benoit Cori, le Basque bondissant qui grossit aussi vite en off-saison qu’il gagne ses courses 🙂

Paysage, mentalité, préparation, profils des coureurs, beaucoup de choses diffèrent entre la route et le trail mais le plaisir de courir reste le même. Bon ok, les randonneurs-tortues sont bizarres mais il faut aussi avoir un sacré grain pour se lancer dans une prépa marathon ! 😉

20150912_161402CMarathon ou trail, les deux sont aussi fatiguants !20150621_082932_small

 

2 pensées sur “Coureur des villes ou coureur des champs ?

  • 5 février 2018 à 13 h 42 min
    Permalink

    Bonjour,
    j’aime beaucoup cet article!!
    j’ai découvert votre blog récemment et j’apprécie vraiment vos articles.
    Le ton utilisé et l’humour sont vraiment agréable.
    De plus, je me retrouve « presque » dans vos performances (je suis un petit moins rapide et moins d’expérience mais j’espère progresser).
    Ça change des blogs avec des mecs qui font 1h15 sur semi!!
    Un grand merci pour le temps que vous prenez pour ce blog et merci de nous faire partager vos tranches de vie, qui me font bien sourire.
    J’adore!
    Merci et bonne continuation

    Répondre
    • 5 février 2018 à 14 h 10 min
      Permalink

      Merci Julien, ton commentaire nous fait très plaisir !

      Oui, on doit prendre autant de temps à écrire nos compte-rendu qu’à courir nos compétitions, c’est pour dire 😉
      Tu verras, tu vas vite progresser si tu continues à t’entraîner. Mais après, faut être plus concentré sur sa course pour aller chercher 1h15 sur semi, plus le temps d’écouter les blagues des bénévoles au ravito ;D

      Merci de ta visite et bonnes courses à toi aussi !

      Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *