Le Petit Bleu – Restauration de mon Gitane Record


Après la restauration du vieux vélo de Ludo, le Terrot rouge de 1963, voici un autre biclou vintage remis à neuf : mon Gitane Record, Blu de son petit nom.

Trentenaire encroûté cherche second souffle

Retaper le vieux vélo de route, voir Ludo et mes collègues faire du vélotaf tous les jours (et y survivre) m’a donné envie de me remettre à pédaler. Bon, je préfère toujours aller courir ou regarder le Giro à la télé que sortir rouler, hein, je n’ai pas basculé du côté obscur de la route non plus ! Mais avec mon Gitane vintage, même si j’avance moins vite qu’un escargot dépressif, j’ai au moins l’excuse de le faire avec style. Parce qu’un Gitane Record, c’est un superbe vélo (en plus, c’est le mien, donc double bonus de classe).

Tour de France 1983 avec Laurent Fignon, la grand époque de Gitane. La preuve de la supériorité infinie des vélos bleus.

Cet ancien vélo de course traînait dans un coin depuis pas mal de temps. Auparavant, il avait essuyé pendant quelques années la pluie et la pollution radioactives parisiennes. Inutile de dire que le pauvre était dans un sale état quand j’ai décidé de le sortir du garage pour le faire revivre. A l’exception du pédalier double qui avait été changé pour un Stronglight triple, mon Gitane possédait toujours ses équipements d’origine. Génial mais au bout de 30 ans, le cuir jaune de la selle San Marco Rolls était déchiré ; la mousse avait pris l’eau et se retrouvait complètement moisie (je crois même qu’il y avait des formes de vie là-dedans…) ; le plastique des cocottes Shimano arabesques s’effritait, les pédales Shimano 600 EX avaient perdu leur cache et se retrouvait grippées. La guidoline jaune avait été changée mais perdait sa couleur et commençait à se débiner. Sans parler de la graisse vintage accumulée dans chaque recoin…

Gitane Record 1986Etat parisien : peu roulé mais bien rincé quand mêmeLevier Shimano 600 arabesque

moyeu Mavic

Bref, il y avait un peu de travail avant de retourner se balader le long de la Seine.

Pour mémoire, Blu devait ressembler à ça en sortant du magasin, 30 ans auparavant :

catalogue Gitane 1986

Et que ça brille !

Comme pour le Terrot, le Gitane est passé par la case lessive pour décrasser sa carcasse. Les roues Mavic, le cadre et la fourche Reynolds 501 sont nettoyés à l’eau savonneuse en prenant soin de ne pas décoller davatage les stickers d’origine. Idem pour la transmission, qui bénéficie également d’un passage dans un bain de vinaigre pour enlever les points de rouille. Le pédalier, les leviers et les étriers de frein sont ensuite frottés à la paille de fer 000 pour retrouver tout leur brillant. Blu commence à retrouver sa prestance d’antan. Seules les pédales restent grippées (les roulements sont morts) et les cocottes fissurées sont bonnes à jeter.

Maintenant, place à la remise en état. Je change la chaine,  et les câbles de freins, la gaine devient bleue et pour changer, je décide de mettre des guidolines Fisik jaune et bleu pour rappeler les couleurs du vélo.

J’écume Briko-bike, Troc-velo et Le Bon Coin mais je n’arrive pas à trouver de cache pour l’axe des pédales ou des pédales Shimano 600 EX complètes en bon état (il faut compter environ 45€ la paire et ça ne court pas les rues). Mon modèle étant encore sur les anciens standards, en pas français donc, c’est un peu compliqué de trouver des pédales neuves compatibles.

Un tour chez l’atelier du coin pour refaire le filetage me permet d’utiliser désormais toutes les pédales modernes. Je peux lui greffer des pédales de cyclotourisme récupérées sur un autre vélo, en attendant de trouver une paire plus sympa. Ces pédales Shimano ne sont pas du tout raccord avec le look de Blu mais au moins, je peux pédaler et me servir du vélo, ce qui est un peu le but de l’opération.

Pour les selles, le système de rails n’a pas évolué donc pas de souci pour la remplacer. Ayant bien apprécié le look de la Spoon Charge sur le Terrot (et Ludo ayant validé son confort), je décide de refaire confiance à la même marque avec une Spoon Charge finition cuir. J’aurais bien sûr aimé retrouver une selle jaune pour conserver le look d’origine mais je n’ai pas déniché la perle rare pour l’instant…

De nouveau prêt à avaler les kilomètres !

Côté freins, dans un premier temps, je conserve les leviers Shimano, que je trouve très beaux, pour préserver au maximum le look d’origine du Gitane. J’accompagne Ludo durant le 100 km d’Amiens dans cette configuration. Lui, à pieds et moi, sur le Gitane avec le ravitaillement et des affaires de rechanges dans une sacoche. En 11h41, je peux vous dire que j’ai eu le temps de tester le confort de mon vieux vélo de course. Le cadre acier et la fourche vintage ont bien encaissé les nids de poule des chemins de halage le long de la Somme, aidés par les pneus Vittoria Randonneur en 28. Pas de douleur aux lombaires ni aux genoux, j’ai juste eu les épaules et les avant-bras un peu raides mais d’un autre côté, je n’ai pas l’habitude de rester vissée plus de 11h sur un vélo… Pour que tout soit vraiment parfait, il aurait fallu que le cadre soit un poil moins haut pour moi, parce que je dois vraiment mettre la selle au plus bas, mais en longueur, ça passe.

ça passe, ça passe, Ludo n’est pas tout à fait d’accord…

En plus de mes jambes de crevettes, j’ai rencontré un autre souci de taille : mes mains de Hobbit ne sont pas assez grandes pour bien attraper les leviers. Comme je ne souhaite pas pouvoir m’arrêter autrement qu’en passant par-dessous le pare-choc d’une voiture ou en écrasant tous les piétons qui croisent ma route, je dois changer les leviers de frein si je veux arriver à rouler sereinement un jour.

Mini-mains obligent donc, j’opte pour la solution des freins de cyclocross. Ok, mon vieux vélo de route ressemble maintenant à un fixie mais en ville, je peux atteindre les freins tout de suite ! C’est bien plus sécurisant pour moi et cela prime sur le look. Je me sens bien plus à l’aise sur la route, à défaut de pédaler plus vite 😉 Les sorties suivantes dans le Vexin se passent d’ailleurs bien mieux (enfin, pour moi, Ludo se plaint toujours que j’avance aussi vite qu’un Vélib. J’ADMIRE LE PAYSAGE, môssieur !)


 Voilà, comme ça, je peux freiner !

Mon Gitane Record dans sa configuration actuelle.

Je n’ai pas de référence en vélo de route mais je trouve mon vieux bleu plutôt facile à rouler et avec mes gros pneus Randonneur, même les passages sur les chemins blancs en sous-bois sont abordables. Pour une grande débutante comme moi, il est le compagnon parfait pour se balader dans les vallées de la Seine et de l’Oise. La seule chose qui me fait un peu stresser reste le passage des vitesses au cadre. Je me demande comment faisaient les coureurs de l’époque pour ne pas finir dans les ravins quand ils voulaient changer de plateau en pleine descente de col ! C’est casse-gueule ce truc !

Vitesses de malheur

Mes schtroumpfs 😉

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *